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Projets Nationaux de Recherche PNR

juin 2, 2021

 Projets nationaux de recherche (PNR)

 

L’état financera 750 PNR à valeur socioéconomique dans les 5 années à venir

 

Après l’université d’Alger1, et l’université de Boumerdes, respectivement le 30 et le 31 mai, la caravane de sensibilisation, de mobilisation et de rapprochement entre la communauté scientifique et ses partenaires socio-économiques a atterrit ce 1ier juin à l’université de Blida1. Cet évènement chapotépar le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS) sous l’égide de la Direction Générale de la Recherche Scientifique et du Développement Technologique (DGRDT) a été organisé conjointement par l’Agence Thématique de Recherche en Sciences et Technologie ATRST et l’Agence Thématique de Recherche en Sciences de la Santé ATRSS.

Mondialisation, accélération de l’histoire, concurrence de plus en plus rude, la recherche académique, dorénavant, ne sera plus cantonnés dans des espaces clos à dimension exclusivement pédagogique. Tel est le leitmotiv ou le fil conducteur qui a caractérise ces journées de sensibilisation visant à créer un réseautage performant entre la communauté des chercheurs et celles des opérateurs socio-économiques dans le cadre dela préparation des PNR 2021. Trois programmes nationaux de recherche ont été jugé hautement stratégique pour le gouvernement algérien, à savoir : la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire et la santé du citoyen.   Le recteur de l’université de Blida1, Mohamed Bezzina, a rappelé à cette occasion que l’université, en tant qu’entité créatrice de l’innovation et de la valeur ajoutée, ne peut évoluer tout en étant déconnectée des contingences de l’environnement qui l’entoure. « L’université de Blida1 a toujours œuvré dans le sens de l’optimisation des processus relationnels avec ses partenaires socioéconomiques de la région de la Mitidja et à l’échelle nationale », a-t-il ajouté.

Des PNR qui collent à la réalité.

La tendance à l’échelle planétaire en terme de budgétisation des projets de recherche universitaire est depuis quelques années dans la proportion des 80% et 20% respectivement recherche opérationnelle et recherche théorique. Au niveau national, les autorités prennent le relais et suivent la même tendance.

« Ces projets déclinés domaine, axe et thèmes de recherche émanent tous des secteurs socioéconomiques et doivent répondre au critères de la priorité nationale. C’est depuis 2015 que des comités intersectoriels exprimaient à travers ses projets le besoin de se rapprocher davantage des opérateurs socioéconomiques.  Ce qui est demandé est que la communauté scientifique formule des projets de rechercher pondant à des demandes exprimées par un opérateur économique. L’état financera 750 projets sur les 5 années à venir.Chaque année, nous laceront 150 projets/ 50 par PNL. Chaque projet serafinancé à hauteur de 5 millions de DA que ce soit en direction des académiciens ou aussi en direction des chercheurs partenaires.Les chercheurs auront aussi une allocation mensuelle qui va jusqu’à 60.000 DA pour le grade professeure guise de motivation, mais on demandera des comptes et une évaluation des projets se fera chaque année. On ne veut plus de projets théoriques ni de la recherche appliquée, ce qu’on veut c’est des projets opérationnels. En terme d’éligibilité, ces projets ont été présélectionnés par les agences et ce, sur le plan scientifique.Ensuite, nous soumettons aux comitésintersectoriels ces projets. En fonction de leurs priorités et des besoins de leurs secteurs, ils détermineront et choisiront les projets àretenir.Nous avons mis en place une plateforme qui a été élaborée par le CERISTE pour la soumission de projet. J’ai tout à l’heure insister sur un point très important. J’ai rassuré tout le monde que la soumission se fera sur la plateforme mais que la présélection se fera d’une manière tout à fait anonyme. Il n’y aura aucun favoritisme, aucun copinage et tout se fera d’une manière transparente. Le seul critère, la pertinence du projet. Dans le cadre de ces nouveaux PNR, il y a un décret qui vient de voir le jour précisant parfaitement les modalités derémunération.Le lancement officiel des PNR s’est fait le 8mai dernier par le ministre du MESRS en présence de tous ses collègues. Nous, en tant qu’agence, nous sommes à l’écoute des chercheurs pour plus d’information, d’orientation.  Nous sommes là pour leur répondre et les orienter. L’évènement d’aujourd’hui sera suivi par d’autre regroupement régionaux au niveau de la région de ouest, deux journées à Oran et qui portera sur les trois PNR ensuite ce sera le tour de la région Est dans les willaya de Sétif et de Constantine et on descendra sur les sud dans les wilayas de Biskra et Ouargla », a longuement expliqué, Professeur Lynda Boutekraft : directrice générale de l’agence thématique de recherche en science et technologie (ex ANDRU).

 

 

Pour Ait Yehia Farida, directrice de la programmation de la recherche, l’évaluation et la prospective au niveau de la Direction Générale de la Recherche relevant du MESRS, les PNR ne représentent pas une nouveauté mais à l’époque, contexte-elle, c’était plus des projets orientés pédagogie.  « La nouveauté cette année est le décretqui a vu le jour au mois de mars 2021(voir en bas de l’article***). Contrairement aux précédents PNR, ce ne sont plus les programmes d’une université, d’un secteur, d’un centre de recherche… mais c’est des programmes nationaux déclinés en trois grands domaines considérés comme prioritaires pour le gouvernement algérien.  Nous avons exigé cette année un équilibre dans la composition d’équipe. A savoir, trois chercheurs représentent la communauté universitaire et troisopérateurs qui représentent le secteur socioéconomique. Autres chose très importante est queces nouveaux PNR de cette année doivent découler directementdes besoins de l’entreprise.  C’est l’entreprise qui a été approchée qui formule ses besoins.On demande des livrables. On demande à ce qu’il y un livrable concret sur trois ans pour l’entreprise formulant ses besoins. Pour formuler ces problématiques, ily ades commissions intersectorielles.Ces formulations d’ordre généraleseront traduites par nos chercheurs en grands domaine, axeset thèmes de recherches. Et c’est justement parce qu’il y a des contraintes du terrain, ces journées de sensibilisation vont nous permettre de créer du réseautage entre les différents acteurs de la société », a-t-elle contextualisé.

Nos chercheurs ont des capacités extraordinaires qui restent sous-exploités

Le représente du CEIMI, Club des Entrepreneurs et des Industriels de la Mitidja, Kamel Moula est très optimiste quant à l’avenir du partenariat secteur économique université. Il dira en substance : « c’est un évènement très important rapprochant les opérateurs socio-économiques du monde des chercheurs. Ce sont deux entités qui était un petit dissociées dans le passé mais maintenant le rapprochement se consolide de jour en jours. Une économie performante passe inévitablement par des entreprises performantes.  Ceci ne peut se faire que par la recherche et développement. L’université représente un passage obligatoire. Partir des problématiques réelles qui touchent la société, qui touchent l’entreprise c’est cela notre gage.Nos chercheurs ont des capacités extraordinaires mais qui sont toujours en friche. Le but, c’est d’aller vers des projets de recherche structurant qui répondent à la réalité des choses. Nous sommes une association d’acteurs économiques dont le nombre d’adhèrent est de 1400 operateurs qui expriment tous leur volonté et leur motivation de se lancer dans des partenariats gagnant gagnant ».

 

Par :  Abdelli Mohamed

 

*** Décret exécutif n° 21-89 du 1er mars 2021 portant plan de développement pluriannuel pour la mise en œuvre des programmes nationaux de recherche scientifique et de développement technologique.