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le 1er webinaire international en ligne sur l’ingénierie dans les sciences biologiques et chimiques

novembre 15, 2021

Université Blida1 : le 1er webinaire international en ligne sur l’ingénierie dans les sciences biologiques et chimiques

Les enjeux les plus importants de la science contemporaine : développer les recherches en interfaces des disciplines.  

Tout retentit sur tout. Tout est en relation avec tout. L’interdépendance des disciplines est devenue une réalité quotidienne tant, souvent, dans la communauté des chercheurs, les problématiques abordées puisant leurs méthodologies, protocoles, paradigmes, formalismes et modèles théoriques à partir d’une pléthore de domaines dits connexes et même parfois quelque peu éloignés. La modélisation et la simulation dans les univers biologiques ou inertes intéressent depuis quelques décennies une cohorte de chercheurs souvent multidisciplinaires, transdisciplinaires…  C’est dans cette perspective d’ouverture à l’interdisciplinarité que la Faculté des Science de la Nature et de la Vie (SNV) de l’université Blida1, a organisé le 1er webinaire international en ligne sur l’ingénierie dans les sciences biologiques et chimiques. Des experts de six pays (l’Algérie, la Turquie, le Pakistan, la Tchécoslovaquie, la Grande Bretagne et l’Espagne) dans le domaine de la chimie, la biologie et l’environnement ont communiqué sur des sujets d’actualité. Les débats se sont déroulés dans une ambiance caractérisée par une très forte interaction entre experts eux même mais aussi avec des doctorants en cours de préparation de leurs thèses de recherche ou publication de résultats dans des journaux de notoriété internationale. Cet évènement a été aussi l’occasion aux doctorants de communiquer avec abnégation les résultats de leurs travaux qui sont toujours en cours et bénéficier ainsi des remarques qui ont été émises lors de ce webinaire.     

Les plantes aromatiques et médicinales : un marché hautement stratégique pour le pays

Faut-il saisir seulement quelques mots clefs sur Google pour se rendre compte de la valeur de la richesse et la diversité phytogénétiques des espaces biogéographiques en Algérie. Cet atout du biotope algérien constitue, certes, un potentiel de valorisation hautement stratégique pour la redynamisation des marchés du cosmétique naturel, de l’agro-alimentaire bio et des applications pharmaceutiques, telles que l’aromathérapie.    « Dans une perspective purement économique, et à titre d’exemple seulement, le pôle Pass (plantes, arômes, senteurs, saveurs), organisme français spécialisé dans la valorisation des plantes aromatiques et médicinales (PAM) réalise quelque quatre milliards d’euros de revenu par an. C’est un marché à enjeux socio-économiques énormes au vu des potentialités phytogénétiques encore en friche dans un pays très riche en écosystèmes diversifiés comme l’Algérie », (voir notre article publié dans El Watan le 25 mars 2012 disponible à l’URL : https://www.djazairess.com/fr/elwatan/364035). C’est dans un contexte d’information scientifique et technique mais aussi de sensibilisation de l’intelligentsia scientifique universitaire ainsi que le politique que les professeurs Salah Akkal,  Ibrahim Dimirtas, Ramzan Erenler et le docteur Gema Nieto Martinez, respectivement d’Algérie, deux de  urquie et le dernier d’Espagne, ont vivement insisté sur la valorisation des produits bios mettant en avant la plus-value stratégique et bioéconomique de la valorisation des plantes aromatiques ainsi que les procédés bios dans des applications pharmaceutiques, diététiques ou encore environnementales dont le champ d’action se situant à l’interface des deux disciplines, la chimie et la biologie. De très fortes contributions sont aussi vivement saluées de la part des chercheurs du Pakistan, Tchécoslovaquie et de Grande Bretagnes.   « Le Ministère de tutelle est en cours de mettre en place, actuellement, des structures pour consolider de plus en plus l’interaction des entités de recherches universitaires avec les acteurs socio-économiques. En ce qui nous concerne, nous en tant que chercheurs, nous avons obtenu beaucoup de résultats même très orignaux surtout, dans le domaine d’extraction de composants très actifs à partir de plantes aromatiques et médicinales qu’on peut exploiter à l’échelle industrielle. Vous savez très bien que les processus d’extraction des huiles, d’analyse et de synthèse moléculaire nécessitent, au-delà de l’échelle du laboratoire, du financement et des moyens. En ce qui concerne les biotechnologies en Algérie, le créneau est encore en friche mais, nous avons les compétences nécessaires pour aller de l’avant. À l’heure actuelle et en terme de partenariat, nous interagissons plus avec le secteur public que celui du privé », a expliqué le Pr Salah Akkal de l’université Frères Mentouri,  université de Constantine1.  A l’heure de l’explosion des savoirs en microdomaines interconnectés, interdépendants, le chercheur universitaire algérien, à l’instar de ses pairs ailleurs, n’a plus le droit de se cloitrer dans sa discipline sans jeter un regard critique et investigateur sur ce qui se passe dans les domaines connexes entourant sa sphère de connaissances.  « Cet évènement concerne les nouveautés dans les domaines de la biologie et de la chimie.  Le problème qui se pose en Algérie et que chaque groupe de chercheurs est cloitré dans sa spécialité alors qu’il n’y a pas de limites étanches entre les divers domaines de la recherche. Dans ce webinaire, il est surtout question de recherches se situant à l’interface entre la biologie et la chimie. D’ailleurs, l’analyse du contenu des résumés récoltés a montré que la plupart des recherches se situent à l’interface des deux domaines.  Nous avons choisi les meilleurs thèmes collant à l’actualité. Nous avons même des thèmes qui traitent de la Covid-19. Toutefois, je saisis cette occasion pour lancer un appel à nos partenaires socioéconomiques à ce qu’ils consacrent une partie de leur édifice à la R§D et nous sommes là pour les accompagner », a lancé avec insistance, Dr Hamza Kahina, co-présidente du comité scientifique (biologie et ingénierie chimique) dans le sillage de cette rencontre. Pour Dr Mohamed Mahmoud Farida, présidente d’organisation de ce webinaire et responsable du topic 4 (environnement et bioremédiation), la protection de l’environnement par l’élaboration de solutions dites bios tend de plus en plus à se concrétiser via la recherche universitaire.  Elle dira en substance : « trouver des solutions plus propres pour combattre la pollution, par exemple, les pesticides, les métaux lourds, les produits aromatiques polycycliques… pour les remplacer par des produits biologiques accusent actuellement des avancées très significatives extrapolables à l’échelle industrielle ou à l’échelle du terrain. Penser à installer des stations d’épuration au niveau des industries pour récupérer et utiliser les microorganismes et autres composants actifs tels que les enzymes comme catalyseurs dans des procédé biotechnologiques…sont des solutions alternatives qui sont très efficaces dans la lutte contre certains types de pollution ». Il est à signaler que cet évènement a été aussi une réussite sur le plan organisationnel où trois co-présidentes à savoir, Kadri Farida, Benousaid Nacéra et Hamza Kahina ont travaillé durement bien avant l’organisation de cette rencontre.   La dépendance vis-à-vis de l’importation des réactifs chimiques ou la synthèse moléculaire dans le champ d’action n’a pas encore dépassé l’échelle prototypique du laboratoire, restent « autant de problèmes à résoudre à l’avenir et ce, afin de permettre au chimiste, biologiste…algérien de mener dans les délais et les normes de l’art la recherche universitaire.  Malgré cela, on essaye toujours de contourner ces verrous. Par exemple, au lieu de la synthèse moléculaire on essaye de jouer sur les nano composites, de remplacer, par ailleurs, les solvants chimiques par d’autres dits bios, de réduire les bilans énergétiques…nous avons quand même posé quelques jalons, je donnerai ici l’exemple de la conférence sur les moyens de lutte par procédé biotechnologique et de chimie verte contre la biocorrosion des métaux dans le domaine pétrolier, qui  devrait être  présentée par Salima Kebbouche-Gana, du laboratoire Bio-informatique, Microbiologie Appliquée et Biomolécule, université M’hamed Bougara, Boumerdes. Cette communication n’a pas été présentée à cause d’une conjoncture contraignante», a argué, Dr Bessi Assia, enseignante chercheuse à l’université de Blida1.   

Si les technologies de thérapie génique et cellulaire ont enregistré ces quelques dernières décennies des prouesses synergétiques, il faut dire que la fabrication du médicament est actuellement, étroitement tributaire du chimique moléculaire. Elaborer de nouveaux procédés de synthèse dans le domaine de la chimie ou encore de la biologie ou à l’interface des deux domaines ou pourquoi pas à l’interface d’autres domaines connexes relève, certes, des défis à venir à nos chercheurs universitaires dans un contexte de crise sanitaire mondiale mais aussi de crise financière, elle aussi planétaire.

Par Mohamed Abdelli

Université Blida 1 / E- Mail : alimourad77@gmail.com