Effet protecteur de la vitamine c sur l’hepatotoxicite induite par l’émamectine benzoate (EMB) et determination des residus de l’EMB par UPLC MS/MS.
Khaldoun-Oularbi Hassina1, 2, Allorge Delphine3,4, Richeval Camille3, Aissani Hadjer1, Djennas Nadia5.
-Département de Biologie et Physiologie Cellulaire, Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie, Université Blida 1, BP 270, Route Soumaa, Blida, Algérie
-Departement des sciences naturelles, Ecole Normale Superieure, BP 92, 16050 Kouba, Alger, Algérie.
-Laboratoire de Toxicologie, CHRU de Lille, France
-EA4483, Université de Lille 2, Lille, France
-Laboratoire d’Anatomie Pathologie CHRU Parnet, Alger, Algérie.
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Résumé

Introduction : Les avermectines sont utilisées comme médicaments vétérinaires destinés aux animaux producteurs de denrées alimentaires et comme agents de protection des végétaux dans le secteur agricole. L’emamectine benzoate (EBM) est un biopesticide de la famille des avermectines largement utilisé. L’hépatotoxicité induite par les avermectines ayant des conséquences cliniques très importantes.
Objectif : Diverses approches thérapeutiques peuvent être suggérées pour prévenir ou atténuer l’impact de ces xénobiotiques. Dans ce contexte, cette étude vise à mettre en évidence les effets hépatotoxiques de l’EMB et de déterminer les effets protecteurs potentiels de la vitamine C. L'évaluation des modifications et du degré d'altérations structurelles et fonctionnelles du foie induites par l’EMB, ainsi que des effets bénéfiques d’une co-administration de vitamine C, a été réalisée par des analyses biochimiques et histopathologiques, ainsi que par le dosage par UPLC/MS-MS des résidus de l’EMB B1a et B1b dans différentes matrices biologiques (plasma et foie) après intoxication subaiguë.


Méthodes :

L’expérience a été effectuée sur 21 rats mâles de souche Wistar répartis en trois groupes. Le groupe EMB a reçu quotidiennement, pendant 28 jours, par gavage, une dose d’EMB équivalente à 1/10 de la DL50. Le groupe EMB/VitC a reçu la même dose d’EMB, mais co-administrée avec de la vitamine C par injection intrapéritonéale. Les animaux du groupe témoin ont reçu par gavage de l’eau distillée et une solution physiologique par voie intrapéritonéale (1mL/jour).


Résultats :

L’administration d’EMB a entraîné une augmentation significative (p < 0,05) de la glycémie et de l’activité des enzymes hépatiques ALAT, ASAT et γ-GT à J14, J21, J28 et après 14 jours d’arrêt du traitement (J35), en comparaison au groupe témoin. Le traitement supplémenté à la vitamine C a lui baissé ces valeurs en comparaison avec le groupe EMB, en les rapprochant de ceux des témoins. L’étude histopathologique du tissu hépatique des rats traités par EMB a révélée la présence d’une désorganisation structurale du parenchyme hépatique, une congestion vasculaire, une présence de foyers d’infiltrats inflammatoires et une stéatose diffuse. Une architecture lobulaire moins désorganisée et une intense activité nucléaire ont été observées chez les rats traités par EMB/VitC. Des concentrations résiduelles d’EBM plus importantes ont été détectées dans le plasma de tous les rats traités par l’EMB à j14, j21, j28, en comparaison avec le groupe EMB/VitC, alors qu’à la fin de l'expérimentation à J35 une absence totale de B1a et B1b a été constatée. Dans le foie, des concentrations résiduelles d’EBM à j21 (premier sacrifice) ont été observé chez les rats des groupes EMB et EMB/VitC et à J35 (deuxième sacrifice) dans le groupe EMB uniquement, alors qu’à J35 une absence totale de B1a et B1b a été constatée dans le plasma et le foie des animaux traités du groupe EMB/VitC.


Conclusion :

Ces résultats montrent que l’administration simultanée de l’EMB et de la vitamine C a entraîné une réduction significative des altérations morphologiques et fonctionnelles au niveau hépatique, ainsi qu’une élimination plus rapide des résidus de ce pesticide.